Les Aventures de Léa Roback

Les Aventures de Léa Roback

Léa Roback, une grande militante pour la justice sociale, est née le 3 novembre 1903 à Montréal sur la rue Guilbault. La seconde de neuf enfants de parents immigrants juifs de Pologne, elle a passé son enfance à Beauport, un village près de Québec, où ses parents étaient propriétaire d’un magasin général. Leur maison était petite, tellement petite que deux enfants dormaient dans un même lit et certains dormaient même dans la salle de séjour.

Ses parents étaient permissifs et ouvert d’esprit. Ils prônaient la tolérance, le respect, les études et ils se prononçaient contre l’injustice. La mère de Léa a enseigné à cette dernière l’importance d’aider les malades, les faibles et les pauvres, c’est-à-dire s’occuper des moins fortunés que soit. Son enfance a donc pavé le chemin de son future activiste social. Le Yiddish était la langue parlée à la maison, mais à l’extérieur, le français ou l’anglais était de mise. Léa était donc capable de s’exprimer adéquatement parmi ces trois langues.

À l’âge de quinze ans, Léa et sa famille sont revenus à Montréal et elle a obtenu son premier emploi. Elle a d’abord travaillé pour un nettoyeur, puis comme caissière au théâtre Her Majesty’s sur la rue Guy dans le centre-ville. C’est à cette époque qu’elle a pris conscience des inégalités entre les familles dirigeantes anglaises et la classe ouvrière qui consistait en majeure partie de Canadiens Français ainsi que de Juifs.

Comme ses parents encourageaient les études, avec ses économies personnelles, Léa est allée à l’Université de Grenoble en France pendant les années 1920. Elle y a étudié la littérature, l’histoire et les arts tout en travaillant afin de subvenir à  ses propres besoins. Par la suite, elle se rendit à New York où l’une de ses sœurs habitait et travailla un peu. Toutefois, elle n’aimait pas la ville. Elle décida donc en 1927 d’aller à Berlin étant donne que son frère Henri l’avait invite à venir le rejoindre. Là-bas, elle a appris l’Allemand et puis étudié la linguistique à l’Université de Berlin. En 1931, pendant qu’elle est toujours à Berlin, qu’elle s’est associé au Parti Communiste en réaction à la montée du Nazisme. Elle est restée dans le Parti jusqu’en 1958; à cette époques les philosophies du parti ainsi que ses valeurs ne concordaient plus avec les sienne. Un an plus tard, en 1932, elle est revenue à Montréal afin d’échapper au règne d’Hitler.

En 1935, trois ans après son retour dans la province, elle s’est trouve un emploi comme gérante dans la première librairie marxiste, La Librairie Moderne sur la rue Bleury. Pendant son travail dans cette institution, elle a eu une ‘formation’ afin de comprendre comment agir ainsi qu’interagir avec la police. La même année, Léa a soutenu le mouvement des suffragettes avec Thérèse Casgrain afin d’obtenir le droit de vote des femmes au Québec. Elle a également participé à la campagne politique de Fred Rose, un candidat communiste dans l’arrondissement de St-Henri. Huit ans plus tard, ce dernier sera le premier candidat communiste élu à la Chambre des Communes.

En 1936, elle a commencé sa longue association avec le mouvement ouvrier lorsqu’elle a obtenu un emploi comme organisatrice d’union avec l’Union Internationale des Ouvrières du vêtement. En 1937, elle a frappé fort afin de défendre les conditions de travail du secteur manufacturier avec une grève de 5 000 travailleurs/euses. Cet événement représente la première victoire de l’Union, mais également l’un des premiers combats dans la province pour les femmes. En 1941, elle a organisé le syndicat à la RCA Victor dans le quartier St-Henri où elle a eu un poste dans une ligne de montage pour le United Electrical Workers Deux ans plus tard, elle a aidé à obtenir le premier contrat syndical pour 4 000 travailleurs qui près de la moitié d’entre eux étaient des femmes juives. Elle est restée active pour les travailleurs de la compagnie jusqu’en 1952. Roback était fermement convaincue de l’importance des syndicats, parce que sans eux, les employés, en particulier les femmes, ne pouvait être payé correctement, protégé d’harcèlement quelconque ou même d’un environnement de travail sain. Bien qu’elle est organisée plusieurs grèves, il y a aussi eu des moments où elle a menacé les patrons et les propriétaires d’améliorer les conditions ouvrières, et ce, sans avoir recourt a une grève.

Étant une femme forte et consciente de ces moyens, elle a dévoué sa vie à la gauche activiste et a défié les conditions de son époque. Alors que les femmes se mariaient et avaient des enfants, Léa s’est rebellée contre l’injustice et l’oppression, et ce, d’une manière positive et progressive; selon elle, elle était mariée à la cause des droits de l’homme. Son courage et son engagement à ses croyances sont les raison pour lesquelles elle sera toujours reconnue et saluée. Elle a participé à de nombreuses organisations et supporté différentes causes dans la région de Montréal qui ont absorbé beaucoup son énergie et son enthousiasme; Aide aux Insuffisants Visuels du Québec, la Voix des Femmes, le nucléaire, le droits a l’avortement, l’équité salariale et certains groupes anti-guerre représentent quelques exemples. Léa Roback a toujours été dans les foules distribuant des pamphlets, parlant de la société,  expliquant des causes ou marchant dans des manifestations.

En 1991, un documentaire par la cinéaste Sophie Bissonnette a été réalisé avec la participation de Roback. Le film intitulé Des Lumières dans la Grande Noirceur est à propos de la vie et les réalisations de Léa Roback. En 1993, ses amies ont fondé pour son quatre-vingt-dixième anniversaire de naissance la Fondation Léa-Roback en son honneur. Le but de la Fondation est de promouvoir l’éducation comme moyen d’épanouissement et d’émancipation personnel et collectif, de même que l’accès universel à l’éducation pour les femmes. La Fondation offre une aide financière a des femmes économiquement défavorisées et socialement engagées qui souhaitent commencer ou poursuivre des études, mais ont besoin d’une certaine aide.

Le 28 août 2000, à l’aube du XXIe siècle, Léa a eu un accident mortel dans le district Côte-des-Neiges. Toujours dans la lutte contre l’injustice à cette époque, elle est décédée à 96 ans. Elle est toujours connue aujourd’hui dans la collectivité ainsi que dans la province en raison de ses multiples réalisations mais aussi de ses nombreux honneurs tels l’Ordre National (2000), le Prix de la Pionnière (2000) et le prix du Lieutenant-gouverneur (1999). Au cours de sa vie, Léa Roback n’a jamais douté du pouvoir des femmes ou de ses convictions et reste aujourd’hui une inspiration pour plusieurs.

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